Solidarité avec Gérard Filoche

Solidarité avec Gérard Filoche

Inspecteur du travail mis en examen
dans l’exercice de ses missions

Le Parquet ne fait pas appel contre la relaxe de Gérard Filoche


Voilà qui est un double désaveu : contre le directeur général du Travail, Jean-Denis Combrexelle, qui avait « chargé » Gérard Filoche dans une lettre indigne et refusé de lui accorder la « protection fonctionnelle » ordinairement accordée aux agents de l’inspection mis en cause en justice dans l’exercice de leur mission. Jean Denis Combrexelle, qui dînait régulièrement avec Denis Gautier-Sauvaignac, l’homme de la caisse noire d’argent sale de l’UIMM, lors de la « recodification » du Code du travail dont il était chargé… se voit donc démenti, la justice estimant finalement que Gérard Filoche ne doit plus être mis en cause du tout.

La procureur, qui avait poursuivi, envoyé en correctionnelle, et demandé 2000 euros d’amende en première instance, en mettant en cause arbitrairement, politiquement, la personnalité professionnelle de Gérard Filoche plutôt qu’un prétendu acte d’entrave à un CE, se voit également démentie : il n’y a plus matière à procès !

Voilà sept ans qu’un acharnement procédurier qui ne reposait sur rien impliquait l’inspecteur du travail, dans un procès hors norme qui n’aurait pourtant jamais dû avoir lieu.

Il ne reste plus que les chefs de l’entreprise Guinot, et leur avocat Me Varaut, qui ont fait appel. Ce sont des patrons maintes fois reconnus comme délinquants et condamnés, au pénal comme aux prud’hommes, pour fraudes au Code du travail, abus de biens sociaux, pour entrave à l’exercice des droits syndicaux et des IRP, et dont une des spécialités est le non-paiement des heures supplémentaires, eux, qui font faire 41 heures par semaine payées 35.

La salariée Nassera F. de retour de congé maternité, déléguée CGT qui avait été victime de discrimination, a vu tous ses droits reconnus et réparés, ayant gagné 12 procédures sur 12 depuis sept ans. La Cour d’appel du Tribunal administratif lui avait donné définitivement raison, de même qu’elle avait donné raison aux décisions juridiques professionnelles de Gérard Filoche et annulé les décisions contraires de sa hiérarchie, tant au niveau départemental DDTE qu’au niveau national, DGT. Il est spectaculaire qu’ainsi la justice tranche aussi clairement de façon répétée et confirmée contre Combrexelle et pour Gérard Filoche. Reste à ce qu’il en soit de même contre Guinot.

Les médias qui avaient su annoncer avec vigueur le renvoi en correctionnelle de Gérard Filoche, il y a deux ans, font un silence déontologiquement surprenant depuis.



Relaxé !

Le tribunal correctionnel m'a relaxé ce jour dans l'affaire dite Guinot. C'est évidemment une victoire juridique et politique. Pas seulement pour moi, mais pour toute l’inspection du travail, qui, au-delà de ma modeste personne, était visée. Cela dit, ce procès n’aurait jamais du avoir lieu. On s’interroge encore sur la combinaison entre un patron délinquant de l’entreprise Guinot, le directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle, qui a poussé à fond l’accusation, et le ministère de la justice qui a relayé avec un improbable « réquisitoire supplétif » cette affaire qui aurait dû être classée sans suite dés le premier jour.

L'avocat de Guinot, Me Varaut a annoncé son intention de faire appel : ce patron de combat, condamné un nombre incalculable de fois pour de nombreux délits, s'acharne. Pourtant la salariée concernée depuis 2003 a gagné 12 procédures sur 12 et, elle a été réintégrée en 2010 par la Cour d’appel du tribunal administratif. C’est la Cour d’appel qui, par un jugement devenu définitif, a établi que la salariée avait été discriminée, et qui a cassé les décisions de ma hiérarchie (le DDTE de Paris Ricochon, le directeur général du travail Combrexelle) et rétabli les miennes comme étant juridiquement fondées. La salariée a dû subir 7 ans de procédure à cause de la façon dont l’administration s’est montrée incompétente et de mauvaise foi, ne reconnaissant pas la validité de mes interventions et décisions. Guinot a été obligé de concéder une transaction très avantageuse pour les 7 années d’injustice vécues par cette déléguée syndicale CGT, discriminée à son retour de congé maternité. De ce côté-là, justice est faite. Pas encore suffisamment réparée cependant, car les patrons de chez Guinot ne sont pas jugés comme il l’aurait fallu, alors qu’ils ont continué d’empêcher tout fonctionnement indépendant des institutions représentatives du personnel, toute action syndicale, et, entre autres, de ne pas payer les heures supplémentaires (ils font faire 41 h à leurs salariés payées 35 h sur le bulletin de paie…)

Le parquet a établi en 2008 un « réquisitoire supplétif » commutant l’invraisemblable plainte initiale du patron Guinot pour « chantage envers le CE » en « entrave au CE ». On se demande comment un tel réquisitoire aussi invraisemblable a pu surgir.Ou bien on ne se le demande pas, si on lit la non moins invraisemblable lettre d’accusation rédigée par Jean Denis Combrexelle et envoyée au procureur : elle m’accuse d’avoir manqué a toute règle professionnelle, à toute déontologie, le matin du 24 juillet 2004 où j’étais pourtant venu, dans le strict cadre de mes missions, rétablir l’ordre public social dans une entreprise où une femme de retour de congé maternité était victime d’une troisième demande de licenciement monté de toute pièce, sur un complot démonté depuis, mise à pied sans salaire, discriminée et harcelée ! En fait, Combrexelle est désavoué, il a fait preuve d’incompétence en cassant mes décisions fondées, d’arbitraire politique en ne me défendant pas face à un patron délinquant, en m’accusant et en me refusant de m’accorder une légitime protection fonctionnelle.

Autant que le patron Guinot, Jean-Denis Combrexelle et le procureur qui a cru bon de le suivre, doivent s’interroger sur leur propre déontologie dans cette affaire qui me persécute depuis 7 ans et me poursuit même en retraite.
J’ai une pensée pour tous mes collègues, en gagnant ce procès, j’ai le sentiment de les défendre encore dans leurs difficiles missions de faire respecter l’état de droit dans les entreprises. J’adresse un grand merci à chacun de celles et ceux qui m’ont soutenu, les 40 000 signatures de la pétition, les milliers de messages émouvants, à tous ceux qui ont eu la gentillesse et la solidarité de m’adresser des chèques de soutiens bienvenus et encourageants, aux huit témoins qui sont intervenus à l’audience du 6 juillet, à ceux qui se sont déplacés au tribunal et… à tous les militants de toute la gauche qui m’ont appuyé.

Gérard Filoche, mercredi 12 octobre 2011, 16 h

Dans la presse :

  • Sur Humanité.fr : Relaxe pour l’inspecteur du travail Gérard Filoche
    - Sur Marianne2.fr : Gérard Filoche relaxé, l’inspection du travail sauvée ?
  • La pétition :
    Tous les syndicats de l’inspection du travail en sont d’accord :
    - la justice est extrêmement laxiste en matière de droit du travail,
    - les employeurs qui ne respectent pas le code du travail restent largement impunis.

    Trois procès-verbaux sur quatre de l’inspection du travail sont classés sans suite par le Parquet.
    Patrons impunis, inspecteurs du travail poursuivis : paradoxalement, ces trois dernières années, ce sont des contrôleurs et inspecteurs du travail qui se sont vu mis en cause dans l’exercice de leurs fonctions alors que Laurence Parisot a affirmé que «la liberté de penser s’arrête là où commence le Code du travail».

    Le dernier en date, c’est Gérard Filoche.

    L’inspecteur du travail est mis en examen pour un prétendu « chantage » vis-à-vis d’un patron qui refusait la réintégration dans son poste antérieur d’une salariée de retour de congé maternité et qui a demandé trois fois de suite, à l’égard de cette employée, déléguée syndicale, une autorisation de licenciement.

    Si c’est du « chantage » que de menacer dans ce cas un employeur d’un PV, alors toute l’inspection du travail fait du « chantage » sans le savoir !

    Comment alors que le Parquet débordé, manque de moyens au point de classer la majorité des PV de l’inspection du travail, choisit-il de donner suite à une plainte patronale prétendant de façon invraisemblable que Gérard Filoche fasse « entrave à un Comité d’Entreprise » ?

    Nous tenons, en de telles circonstances, à exprimer notre totale solidarité avec Gérard Filoche.


    L'appel des syndicats de l'inspection du travail pour le 6

    SOUTIEN A GERARD FILOCHE !
    RASSEMBLEMENT 6 JUILLET 2011

    à partir de 12h30 devant la 31e Chambre correctionnelle de Paris (Palais de justice 4, bd du Palais M° Cité)

    Poursuivi pour entrave à un CE dans l'exercice de ses missions (!) avec la bienveillance du ministère du travail, notre collègue Gérard Filoche est convoqué à l'audience pénale fixée le mercredi 6 juillet 2011 à 13 h 30 :

    • alors qu'à Paris, une note de la DDTEFP du 10 mars 2009 sur la verbalisation par les agents de l'inspection du travail fait apparaître, en ce qui concerne le délit d'entrave et la discrimination syndicale, « un taux de classement élevé de 40 à 50%, bien supérieur au taux moyen global » : la délinquance patronale ne fait donc quasiment pas l'objet de poursuites, par contre un inspecteur du travail est traîné devant le tribunal correctionnel pour un soit disant délit d'entrave…
    • alors que le Directeur Général du Travail, « autorité centrale de l'inspection du travail », qui, saisi pour avis, a orienté le juge d'instruction sur un soit disant délit d'entrave commis par l'inspecteur du travail, mais s'est vu lui-même désavoué par la justice administrative : le juge administratif a en effet annulé sa décision d'autorisation de licenciement d'une salariée protégée, annulant le refus de l'inspecteur du travail qui aurait, lors de son enquête, commis un délit d'entrave…
    • alors que l'administration, sans aucune motivation, lui a refusé le bénéfice de la protection fonctionnelle à laquelle il avait droit !

    Ces poursuites sont inacceptables !

    Soyons nombreuses et nombreux à lui exprimer notre soutien
    (pour celles et ceux qui pourront se déplacer les absences seront couvertes par chèque syndical) ! Le 1er juillet 2011.

    CGT - FSU Snu Tefe - SUD - UNSA Itefa


    Gérard Filoche renvoyé au tribunal correctionnel de Paris en 2011...

    Gérard Filoche renvoyé au tribunal correctionnel de Paris en 2011... Alors qu’il sera en retraite.. Tandis que ses supérieurs toujours actifs désavoués par la justice ne sont pas sanctionnés...

    Le tribunal administratif a pourtant désavoué en mars 2010 par trois fois la hiérarchie du travail qui avait cassé trois fois les décisions de refus de licenciement en 2004 d’une déléguée syndicale par Gérard Filoche.

    L’affaire avait valu à l’inspecteur du travail, une plainte des patrons pour « chantage à un CE » depuis 2006. Interrogé le 7 mars 2007 (jour du jugement à Périgueux de l’assassin de deux inspecteurs du travail) par le juge d’instruction Madre, l’inspecteur en était sorti, sans être mis en examen.

    Mais le juge interroge aussi par écrit le directeur général du travail, (DGT) Jean-Denis Combrexelle qui “charge” l’inspecteur dans une lettre accusatrice de décembre 2007, et le procureur, sur cette base décide d’un “réquisitoire supplétif”, poussant le juge d’instruction à le reconvoquer pour le “mettre en examen” le 21 novembre 2008.

    Puis en dépit des autres décisions de justice favorables à la salariée et donc aux décisions de l’inspecteur, le voilà renvoyé en tribunal correctionnel. En 2011. Beaucoup d‘acharnement.

    Il convient de dire que Jean-Denis Combrexelle, le DGT, responsable de la “recodification du code du travail”, une sorte de Besson du droit du travail, dînait chaque mois, selon Liaisons Sociales, avec Denis Gauthier-Sauvaignac, l’homme de la caisse noire de l’UIMM. 

    Interview de Siné hebdo en avril 2010 :


    Siné hebdo – L’affaire elle-même est assez compliquée. Essayons de la résumer…

    Gérard Filoche – Tout commence en 2004 parce qu’une grosse entreprise de la rue de la Paix, Guinot, ne respecte pas le droit au retour d’une femme après son congé maternité. Celle-ci se syndique, demande des élections de CE. Les patrons demanderont trois fois l’autorisation abusive de la licencier. Je refuse trois fois pour discrimination.

    Siné hebdo – Le problème, c’est que votre hiérarchie ne vous a pas suivi ?

    Gérard Filoche – Absolument. Ma hiérarchie casse trois fois ma décision en dépit de la machination évidente pour se débarrasser la jeune femme. Les patrons, encouragés, en profitent pour engager une procédure inédite contre moi sous l’improbable prétexte d’un « chantage envers le CE ».

    Siné hebdo – C’est sans précédent ?

    Gérard Filoche – Oui, du jamais vu. En droit c’est comme escalader l’Anapurna par la face nord, pieds nus. Le juge d’instruction me convoque le 7 mars 2007 : si je me suis rendu dans l’entreprise le matin où le CE se réunissait, c’était pour les besoins légaux de mon « enquête contradictoire », j’ai veillé à ce que le CE se réunisse à part, vote à bulletins secrets, pour donner un avis, consultatif - qui n’engageait en rien ma décision. Il n’y avait aucun sens à faire la moindre « pression » sur ce CE composé de 2 membres qui avaient déjà donné un avis contre la salariée lors de la deuxième procédure. Le juge l’a compris et a renoncé à me mettre en examen après cinq heures d’interrogatoire.

    Siné hebdo – Cette fois, vous pensiez en avoir vraiment fini ?

    Gérard Filoche – Je le croyais… Mais le juge a interrogé Jean-Denis Combrexelle, directeur général du travail, en « droit pur », pour savoir si un inspecteur pouvait aller à une réunion de CE. Le DGT renvoie en décembre 2007 une lettre partisane, très virulente, qui, bien que ne me concernant pas nominalement, pousse le Procureur à prendre un « réquisitoire supplétif » : il me met « en examen » et remplace « chantage envers le CE » par « entrave au CE » (tout cela, un comble, sans que ledit CE n’ait été consulté…). Ma hiérarchie, sans jamais me convoquer ni m’entendre, m’accable et refuse toute « protection fonctionnelle » pour financer ma défense alors que j’étais dans l’exercice de mes missions.

    Siné Hebdo - Mais alors que vient-il de se passer ?

    Gérard Filoche - Le Tribunal administratif vient de casser les trois décisions de ma hiérarchie contre moi, annule les trois licenciements de la salariée, les reconnaît comme « discriminatoires ». Entre temps, la salariée avait aussi réussi à faire condamner ses anciens patrons en appel pour « entrave à l’exercice de son mandat de déléguée syndicale ». C’est un délit, ce sont des délinquants. La discrimination est établie. La jeune femme peut se retourner contre l’entreprise pour réparation car elle a beaucoup souffert. C’est une victoire complète au bout de 6 ans de lutte.

    Siné hebdo – Et en ce qui vous concerne ?

    Gérard Filoche – Avant de partir en retraite, le 23 décembre 2010, professionnellement, juridiquement, déontologiquement, je ne suis pas mécontent d’avoir raison sur le fond et sur la forme contre les décisions de ma hiérarchie jusqu’au plus haut niveau. Alors maintenant le juge a le choix : soit il prononce un non-lieu sur l’affaire fumeuse d’entrave au CE de ma part, soit il m’envoie quand même au tribunal. On va voir. J’aimerais savoir comment mes supérieurs, qui ont voulu nier une discrimination aussi évidente, vont être sanctionnés. Quelles étaient leurs vraies motivations pour agir, trois fois, de manière partisane ?


    Propos recueillis par Olivier Marbot en avril 2010 publiés dans Siné hebdo n°85

    La jeune femme a gagné 12 procédures sur 14 contre la société Guinot, elle a gagné pour “entrave” a son action de déléguée syndicale, elle a gagné trois fois comme victime de discrimination, elle a gagné aussi en pénal contre les diffamations lancées contre elles par le patron, elle a gagné en appel au tribunal administratif obtenant sa ré intégration... six ans après. Mais finalement, de façon incroyable, 6 ans après les faits, et 2 ans après la mise en examen du 21 novembre 2008, le juge décide le 16 novembre 2010 d’un non-lieu pour la plainte initiale de “chantage envers le CE” mais décide quand même de renvoyer ... l’inspecteur du travail en correctionnelle, selon le “réquisitoire supplétif” du procureur argumenté par le directeur général du travail JD Combrexelle pour “entrave au CE”...

    Très fort !


     

    A toutes et tous les signataires de la pétition
    en solidarité avec Gérard Filoche

    De l’argent est devenu nécessaire
    pour les frais de justice de Gérard Filoche

    C’est incroyable mais vrai. Le directeur général du travail (DGT) refuse d’accorder la « protection fonctionnelle » à Gérard Filoche à l’occasion de sa mise en examen dans l’exercice de ses missions.

    La « protection fonctionnelle », c’est un principe, un fonctionnaire mis en cause dans l’exercice de ses fonctions, dans le cadre de sa défense juridique, est normalement pris en charge par l’administration.

    Sauf dans le cas d’une « faute détachable du service ». En l’occurrence, ce n’est évidemment pas le cas, c’est totalement dans le cadre de son action comme inspecteur si le patron de l’entreprise Guinot essaie de le mettre en cause.

    D’ailleurs, le directeur général du travail, Jean-Denis Combrexelle le sait. Il a donné ordre de ne pas répondre à la première demande de « protection fonctionnelle » en mars 2007 lorsque Gérard Filoche fut entendu comme « témoin assisté ». Il n’a pas davantage répondu à la seconde demande après le 21 Novembre 2008 lorsque le juge a opté pour une « mise en examen ».

    Le délai administratif pour répondre à la demande de Gérard Filoche était de deux mois. Au-delà, c’est ce qu’on appelle un « rejet implicite ». Un tel rejet non motivé n’est pas glorieux, ni courageux.

    Sans doute est-ce ce que Jean-Denis Combrexelle redoutait car, juste avant la fin du délai, le 23 janvier à 00 h 12, il a donné l’ordre de rédiger une réponse en terme de «rejet explicite » donc motivé. La copie de cet ordre, donné par mel, nous est parvenue, car, par mégarde, Combrexelle n’a pas enlevé la liste des destinataires à l’origine de la demande (elle avait été re-faite par la CGT le 22 janvier à 16 h 20) :

    Combrexelle écrit : « La réponse explicite, qui est opportune, devrait à mon sens se fonder sur le fait qu’il s’agit d’une faute personnelle (car volontaire) détachable du service et donc non couverte par la protection fonctionnelle. JDC » (envoyé à Luc Allaire, de son cabinet, qui répond le lendemain matin 23 janvier à 09 h 27 : « je fais préparer et fais viser par tes soins avant signature. Merci à toi. L »)

    Mais deux mois se sont écoulés et…. la réponse explicite n’est toujours pas rédigée… ils ont du avoir du mal à trouver les termes juridiques adéquats… ce qui est un aveu évident qu’il n’y a pas de motif : ils l’ont cherché et ne l’ont pas trouvé…

    D’où le recours re-fait par Gérard Filoche le 18 mars avant un nouveau délai de 2 mois :

    Expéditeur : Gérard Filoche
    Inspecteur du travail, section 2 A Paris
    A : Jean Denis Combrexelle, Luc Allaire, S/C DDTEFP Paris
    Objet : recours sur décision implicite protection fonctionnelle

    Sauf mauvaise transmission de l’information, il m’apparaît que vous avez rejeté « implicitement » ma demande de “protection fonctionnelle” alors que je suis mis en cause  dans l’exercice de mes fonctions par un employeur en situation délictuelle. Il s’agit de la plainte pour “chantage” (sic) déposé par le PDG de Guinot. Rien de ce qui s’est passé ce jour-là, 23 juillet 2003 n’est détachable de mon service. Et non seulement je n’ai commis aucune sorte de faute, mais je défendais l’ordre public social violé par l’employeur.

    Je vous rappelle que le célèbre préfet Bonnet a bénéficié de la protection fonctionnelle bien qu’il ait fait brûler une paillote en Corse. Je n’ai fait brûler aucune paillote au 1 rue de la Paix, j’ai fait seulement mon devoir, en toute indépendance selon la convention 81 de l’OIT, mais conformément à la loi.

    Je fais donc un recours auprès de vous pour que vous me donniez les raisons qui, selon vous, feraient de mon action légale, dans le cadre de mes missions, une “faute détachable”.Vous devez, comme vous le savez, expliciter votre décision avant un mois sinon votre décision devient illégale pour défaut de motivation.

    Gérard Filoche, le 18 mars 2009

    Merci d’accuser réception, ce courrier passe également par voie interne hiérarchique

    En attendant, la procédure se poursuit, des conclusions ont été déposées par l’avocat de Gérard Filoche auprès du juge d’instruction.

    Un premier acompte de 2300 euros doit être versé, mais il faut compter bien davantage à l’occasion de l’ensemble de la procédure. Ce sera très cher au total.

    Beaucoup de ceux qui ont signé parmi les 34 000 signatures de soutien, ont proposé spontanément leur aide financière.

    Celle-ci est donc devenue nécessaire.  

    Nous faisons donc appel à vous.

    Tous chèques de soutien doivent être envoyés à l’ordre
    « Solidarité Gérard Filoche »
    adressés à : Gérard Filoche, 85 rue Rambuteau, 75001 Paris


    Divers textes de soutien :

    Soutien à Gérard FILOCHE et à tous les inspecteurs du travail

    Tous les syndicalistes sont conduits, à un moment ou à un autre, à discuter et à intervenir auprès des inspecteurs du travail pour défendre leur point de vue. Il est le premier et souvent le seul interlocuteur à qui l’on s’adresse pour faire respecter le code du travail et le droit des salariés.

    Dans nos mandats de délégués ou de CHSCT, avoir quelqu’un d’indépendant pour dire le droit et intervenir pour le faire respecter auprès des employeurs, est particulièrement nécessaire dans une période où les directions se croient tout permis et où les droits sont tous les jours rognés.

    Attaquer en justice un inspecteur du travail par un employeur, comme aujourd’hui Gérard FILOCHE, est un message inquiétant pour tous les salariés. Il manque déjà beaucoup d’inspecteurs et de contrôleurs du travail. Si les directions d’entreprise veulent faire taire ceux qui appliquent leur mission, c’est un signe grave d’empiètement des droits des salariés et des inspecteurs du travail.

    Gérard FILOCHE doit avoir le soutien de tous les syndicalistes.

    Raymond VACHERON


    A Gérard Filoche

    Cher ami

    J'ai été scandalisé d'apprendre qu'on a osé vous mettre en examen pour une intervention normale dans l'exercice de vos fonctions.

    Le patron assassin de Saussignac a agi sur un coup de tête en 2004. Mais ce qu'on vous fait à présent pour vous empêcher de défendre une déléguée est mûrement réfléchi et organisé, ce n'est pas un coup de tête, c'est un complot inadmissible et inédit contre l'exercice normal de vos fonctions.

    Je vais écrire là dessus pour protester. Si vous avez des précisions récentes, vous pouvez me les communiquer

    Bon courage

    Avec toute ma sympathie

    Maurice COHEN, Directeur de la R.P.D.S.


    CGT CFDT  F0  SUD  SNU  UNSA

    Gérard Filoche – inspecteur du travail - mis en examen
    La DGT refuse son droit à protection fonctionnelle

     
     

    Le 07 mars 2007, Gérard Filoche – ayant été convoqué – en tant que témoin assisté – par le juge d’instruction à la suite d’une plainte déposée par une entreprise relevant de son secteur, pour « chantage au CE », demande le bénéfice de la protection fonctionnelle auprès du DDTEFP de Paris.
     
    Le 21 novembre 08, Gérard Filoche, est informé de sa mise en examen par le juge d’instruction pour « chantage et entrave au déroulement du comité d’établissement ».
     
    Le 1er décembre 08, la CGT appuie la demande de protection fonctionnelle qu’elle considère légitime dans l’ouverture du droit, ce d’autant qu’une première demande a fait l’objet d’un refus implicite.
     
    Le 22 janvier 09, n’ayant pas toujours pas connaissance de la décision prise, 2 mois après la demande, la CGT interpelle une nouvelle fois le ministère : s’agit-il d’un refus implicite ? Et si tel est le cas, quelles sont les motivations du rejet ?
     
    En réponse, comme si cela coulait de source, DGT et DAGEMO confirment brièvement le refus implicite « fondé sur le fait qu’il s’agit d’une faute personnelle (car volontaire), détachable du service et donc non couverte par la protection fonctionnelle ». Nous attendons toujours, la lettre explicitant ce refus.
     

    La protection fonctionnelle est un droit ouvert à tous,
    sauf faute personnelle de l’agent, détachable du service !


    La refuser à Gérard Filoche c’est, demain, restreindre le droit à protection fonctionnelle à tous les agents qui se verraient reprocher, par les employeurs, les conditions d’exercice de leurs missions de contrôle de l’application du droit du travail dans les entreprises.
     
    Que lui reproche-t-on ?  « une faute de procédure et une faute de déontologie », nous dit-on !
     
    Bref rappel des faits (…) :


    (Une salariée de retour de congé maternité ne retrouve pas son poste antérieur en 2003. Elle se fait déléguée syndicale et demande des élections de CE/DP/CHSCT appuyée par l’inspecteur du travail. Elle devient salariée protégée (désignée déléguée syndicale, puis déléguée du personnel, représentante syndicale au CE et de membre du CHSCT). L’employeur saisit alors par deux fois, l’inspecteur du travail d’une demande d’autorisation de licenciement (la dernière date de mars 2004) : refusée. Enfin elle est mise à pied en juin 2004, et menacée de licenciement une troisième fois. Le CE (composé de deux membres) qui devait être consulté sur cette nouvelle demande de licenciement pour faute grave le 3 juillet 2004 ne se tient pas.
    Le délai de 10 jours prévu par l’article R 436-8 à compter de la date de la mise à pied en cas de mise à pied pour faute grave, est impératif. La salariée, mise à pied à titre conservatoire et donc sans rémunération et l’employeur ne respectant pas la procédure, Gérard Filoche exige la tenue d’un CE, l’accélération de la procédure et se rend dans l’entreprise, le 24 juillet, dans le bureau du directeur, pour y mener l’enquête contradictoire prévue par la loi. Les deux membres du CE se réunissent dans une autre pièce, et sans surprise, votent à bulletin secret un « avis favorable au licenciement éventuel ». Le lendemain, toujours en urgence, Gérard Filoche, notifie son refus d’autorisation de licenciement considérant l’existence d’un lien avec le mandat, et considérant qu’il y va de l’intérêt général. Ainsi la salariée qui était menacée de n’avoir pas un salaire jusqu’en septembre peut être payée fin juillet.)


     
    Suite de la déclaration des OS de l’IT :

    Gérard Filoche mis en examen renouvelle en décembre 2008 sa demande (déjà sans réponse) de protection fonctionnelle faite en mars 2007.  
    La presse, le 20 janvier 2009 révêle la mise en examen, par le juge d’instruction, de notre collègue et camarade pour « chantage et entrave au fonctionnement du CE » (ce même juge avait convoqué en mars 2007, Gérard Filoche, en tant que témoin assisté, suite à la plainte du patron « pour chantage au CE »).
     
    La qualification « de chantage et d’entrave au fonctionnement du CE » nous interpelle dans le cadre de l’instruction d’un dossier de licenciement de salarié protégé.
     
    Tout d’abord, l’avis émis par le CE ne lie pas l’inspecteur du travail. Ensuite, le PV de la réunion du Comité d’Etablissement ne fait nullement apparaître que notre collègue se serait imposé à la réunion, et donc que sa participation aurait été refusée, tout à la fois par l’employeur et par les membres du CE. Quel intérêt aurait donc l’inspecteur à exercer une entrave ou un chantage au CE ?
     
    Second élément, c’est l’orientation donnée dans la réponse du DGT aux questions posées par le juge d’instruction. Ainsi, nous ne pouvons que nous étonner que la DGT, « autorité centrale de l’inspection du travail », saisie par le juge sur « le droit pour un inspecteur du travail d’assister à une réunion de comité d’établissement réuni spécialement pour statuer sur le licenciement d’un salarié protégé (…) », s’autorise à la fin de sa réponse « je considère que la participation de l’inspecteur à la réunion et sa prise de parole avant le vote, sont de nature à troubler les opérations de vote et vicier la procédure. Le délit d’entrave au fonctionnement du comité d’établissement pourrait être évoqué en fonction des circonstances ».
     
    Ainsi le juge, sur cette base, avait tout loisir pour élargir la qualification initiale de « chantage à entrave au CE ». Au cas où il aurait eu encore des doutes, la conclusion de la réponse aurait pu lui permettre de les lever : « il va de soi que les pratiques sur lesquelles vous m’interrogez sont totalement contraires aux conditions dans lesquelles doivent être exercées les fonctions d’inspecteur du travail et révèlent, si elles sont avérées, un comportement professionnel aberrant, un positionnement contraire à la déontologie de nature à altérer l’image du corps de fonctionnaires auquel appartient son auteur. Elles constituent sans doute une faute personnelle et injustifiée, quelles que soient les pratiques sociales de l’entreprise dans laquelle il est intervenu dans les conditions que vous retracez ».
     
    Le rôle de « l’autorité centrale de l’inspection du travail » n’est-il pas de soutenir les agents contre toutes pressions extérieures indues, et notamment celles venant des employeurs ?
     
    -       3 PV sur 4 de l’inspection du travail sont classés sans suite ;
    -       76 demandes de protection fonctionnelle en 2007 ;
    -       60 demandes entre le 1er janvier et le 31 octobre 2008, et la 61ème serait refusée !
     
    La grande majorité de ces demandes trouvent leur source dans la mise en cause par les employeurs des conditions d’exercice des missions de contrôle de l’inspection du travail !
     
    S’agit-il d’habituer les agents à leur mise en cause systématique, à ce que la protection fonctionnelle leur soit refusée, au gré des décisions du « pouvoir » ?

     

    La DGT et la DAGEMO doivent fournir la protection fonctionnelle
    à Gérard FILOCHE comme elles doivent le faire pour tout agent mis en cause dans l’exercice de sa mission d’agent de contrôle.
     

    Paris, le 31 janvier 2009. CGT CFDT  F0  SUD  SNU  UNSA


    Circulaire du 09 janvier 2001 relative à la protection des fonctionnaires du ministère de l'intérieur

    Pétition réalisée avec le logiciel libre phpPetitions